Cet attaquant de l’AS Monaco né à New York a choisi de porter le maillot des États-Unis : le parcours méconnu de Folarin Balogun

Folarin Balogun est né à Brooklyn, à New York, un 3 juillet 2001. Mais l’attaquant de l’AS Monaco n’a jamais grandi aux États-Unis. Il a pourtant tourné le dos à l’Angleterre, pays où il a été formé et sélectionné en jeunes, pour enfiler le maillot américain en 2023. Un choix qui a fait de lui, trois ans plus tard, l’un des visages les plus commentés du Mondial 2026.

À retenir

  • Pourquoi un joueur né à New York a grandi entièrement en Angleterre et au Royaume-Uni
  • Comment un prêt en Ligue 1 a transformé sa carrière et établi un record historique
  • Les vraies raisons de son choix surprenant : représenter les États-Unis plutôt que l’Angleterre ou le Nigeria

Un nouveau-né new-yorkais élevé à Londres

L’histoire de ses origines a longtemps circulé de travers. Certains le croyaient resté aux États-Unis jusqu’à l’âge de deux ans. La réalité est bien différente, et sa mère Florence a tenu à la rectifier elle-même auprès d’ESPN : Balogun est né à Brooklyn, à New York, de parents nigérians, mais a déménagé au Royaume-Uni peu après, sa mère précisant qu’elle l’avait eu en juillet et qu’à la fin du mois d’août, ils étaient déjà de retour à Londres. Deux mois de vie américaine, donc, avant une enfance entièrement londonienne. Cette parenthèse new-yorkaise suffira pourtant, des années plus tard, à ouvrir la porte d’une triple nationalité sportive : Angleterre, Nigeria, États-Unis.

Repéré très jeune, le futur attaquant intègre le centre de formation d’Arsenal. Il a rejoint l’académie d’Arsenal à l’âge de huit ans après avoir été repéré dans une équipe de dimanche appelée Aldersbrook, après un bref essai à Tottenham avant de s’engager avec les Gunners. C’est là, sous les couleurs anglaises, qu’il construit d’abord sa légitimité internationale, en enchaînant les sélections de jeunes.

Arsenal, les prêts, et la révélation à Reims

Le parcours en club ne va pourtant pas de soi. Balogun débute sa carrière à l’académie d’Arsenal et est promu en équipe première en 2020, mais n’apparaît que rarement pour le club, avant de partir en prêt à Middlesbrough en Championship en 2022. Un exil qui ne suffit pas à le lancer définitivement. Il faut attendre la saison suivante, direction la Ligue 1 française, pour voir éclore le vrai potentiel du joueur. Lors de la saison suivante, il connaît sa véritable révélation lors d’un prêt au club de Ligue 1 Reims, où il inscrit 22 buts dès sa première saison, un total le plus élevé jamais réalisé par un joueur américain dans un top cinq championnat européen.

Ce record à Reims change tout. Arsenal, qui hésitait encore à miser sur lui, décide finalement de le vendre. En août 2023, Balogun quitte Arsenal et signe à Monaco pour 40 millions d’euros, où il sera désigné joueur de la saison 2025-2026 du club. De la Championship anglaise au Rocher, en passant par la Champagne, le trajet est presque cinématographique pour un joueur que personne, ou presque, n’attendait à ce niveau trois ans plus tôt.

Pourquoi les États-Unis plutôt que l’Angleterre ou le Nigeria

Le vrai tournant de sa carrière ne se joue pourtant pas sur un terrain, mais dans une décision administrative. Sous les couleurs anglaises, Balogun inscrit sept buts en treize sélections, dont une série de six réalisations en cinq matches lors des qualifications à l’Euro Espoirs, mais l’attaquant ne parvient pas à s’imposer en équipe première d’Arsenal et connaît un passage mitigé à Middlesbrough. Un statut flou qui pousse la fédération américaine à intensifier sa cour, avec une méthode assez originale d’ailleurs : il a été recruté par les États-Unis à travers plusieurs rencontres, qui incluaient notamment d’assister à un match entre les Orlando Magic et les New York Knicks en Floride. Le basket comme argument de séduction plutôt que le foot, l’anecdote a de quoi surprendre.

La décision tombe au printemps 2023. Le 16 mai 2023, la FIFA approuve la demande de Balogun de changer de fédération pour représenter la sélection des États-Unis. Interrogé sur ce choix, l’intéressé n’a jamais caché son enthousiasme, expliquant à l’époque au site officiel de la fédération américaine que la décision relevait de l’évidence, avant de préciser à quel point représenter les États-Unis représentait beaucoup pour lui, davantage que les gens ne pourraient l’imaginer. Le contexte sportif aidait aussi à trancher : à l’époque, l’Angleterre était très bien fournie en attaque avec Harry Kane quasiment indéboulonnable, tandis que le Nigeria disposait lui aussi d’un secteur offensif de qualité. Rejoindre les Américains offrait une concurrence bien moins féroce, et une place de titulaire quasi immédiate.

Les débuts confirment le pari. Balogun reçoit sa première convocation en sélection américaine senior le 1er juin, avant d’inscrire son premier but pour les États-Unis lors de la victoire en finale de la Ligue des Nations face au Canada, le 18 juin 2023. Un sacre collectif dès sa deuxième apparition sous le maillot étoilé.

Monaco, la consécration, et un Mondial électrique

Sur le Rocher, Balogun devient un cadre. Lors de la saison 2025-2026, il inscrit 13 buts en Ligue 1, le quatrième meilleur total de la compétition cette saison-là, une constance qui lui vaut d’être élu meilleur joueur monégasque de l’exercice. En sélection, sa forme grimpe elle aussi en flèche à l’approche du Mondial : il marque lors de trois titularisations consécutives durant la fenêtre de l’automne 2025, contre le Japon, l’Équateur et le Paraguay, affichant une forme optimale à l’entame de l’année du Mondial.

Le tournoi organisé par les États-Unis, le Mexique et le Canada le propulse ensuite sur le devant de la scène mondiale. Face au Paraguay, en ouverture, il inscrit un doublé qui restera dans les livres : il devient le premier joueur de l’équipe masculine des États-Unis à marquer deux buts dans un match de Coupe du monde depuis le tout premier tournoi, en 1930. Mais l’aventure se corse ensuite. Balogun écope d’un carton rouge controversé contre la Bosnie-Herzégovine, censé le priver du huitième de finale contre la Belgique. Rebondissement inattendu : la FIFA annonce le 5 juillet que la suspension automatique est finalement suspendue pour une période probatoire d’un an, ce qui lui permet de disputer la rencontre, une décision qui provoque la colère de la Belgique et une vague de critiques sur l’intégrité du système disciplinaire. Sur le terrain, la magie n’opère pourtant pas : les États-Unis s’inclinent 4-1 et sortent en huitièmes, et Balogun présente ensuite ses excuses aux supporters américains.

La suite de sa carrière en club s’annonce déjà agitée. Même avant son Mondial remarqué, Monaco, écarté de la Ligue des champions pour la saison prochaine, n’était pas opposé à une vente, et l’attaquant, grâce à ses trois buts au Mondial, s’est mis en vitrine, avec un intérêt venu notamment de Chelsea et Tottenham, tandis que le Paris Saint-Germain et Dortmund ont aussi été cités. Le gamin de Brooklyn élevé à Londres, formé à Arsenal et révélé en Champagne, pourrait donc bientôt écrire un nouveau chapitre, cette fois loin du Rocher.

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