Ils ne font plus un seul tour de terrain depuis que les clubs affiliés à la KNVB comptent sur ces 10 km/h

Fini le jogging solitaire autour de la pelouse pour se maintenir en forme. Depuis la saison 2024-2025, ce nouveau test physique a été introduit pour créer un test connecté à l’arbitrage à tous les niveaux amateurs aux Pays-Bas. Concrètement, les arbitres affiliés à la fédération néerlandaise de football (KNVB) ne courent plus de tours de terrain classiques pour prouver leur endurance. Ils sprintent, freinent, repartent, sur une distance ridiculement courte mais à une intensité qui grimpe sans arrêt.

Le principe tient sur une demi-feuille de match. Tous les participants à cette KNVB-fitheidsmeting courent 40 mètres, ont 10 secondes pour se retourner, courent 40 mètres en sens inverse puis ont de nouveau 10 secondes pour se retourner et se reposer. Pas besoin de stade d’athlétisme ni de tartan, un demi-terrain de foot suffit largement. Ce détail logistique n’est pas anodin : le test est facile à organiser et il suffit d’un demi-terrain de football, ce qui change tout pour des clubs amateurs qui n’ont ni piste balisée ni matériel de chronométrage sophistiqué.

À retenir

  • La KNVB a remplacé le test d’endurance continu par des sprints progressifs de 40 mètres — mais pourquoi ce changement radical ?
  • À 10 km/h exactement, quelque chose bascule : le jogging tranquille se transforme en véritable course, et c’est le moment de vérité
  • Deux erreurs de rythme et c’est fini — aucune seconde chance, pas de rattrapage possible

Le compte à rebours qui démarre à 8 km/h

Voici où les fameux 10 km/h entrent en scène. La vitesse de départ pour le premier aller de 40 mètres est de 8 kilomètres par heure, puis elle augmente de 0,5 km/h à chaque aller-retour. Un rapide calcul suffit : après quatre séries, l’arbitre évolue déjà à 10 km/h. C’est le palier charnière, celui où le jogging tranquille du début cède la place à une vraie course, sans que la fatigue ne soit encore trop marquée. Passé ce cap, chaque demi-kilomètre par heure supplémentaire se paie de plus en plus cher en jambes.

Le système de notation suit la même logique progressive. On démarre à 8 kilomètres par heure et après chaque série de 40 mètres aller-retour, la vitesse augmente de 0,5 km/h ; plus loin on va, plus on marque de points, et atteindre 22 km/h rapporte les 100 points maximum. Entre 10 km/h et 22 km/h, il y a donc toute une échelle de valeurs qui sépare l’arbitre correctement entraîné du sprinteur occasionnel. Un club de la région d’Arnhem raconte d’ailleurs l’histoire d’un arbitre de 66 ans qui, lors d’une session organisée entre collègues, n’a pas atteint les 22 km par heure nécessaires pour les 100 points, mais a tout de même décroché 45 points. Un score honorable qui montre que le barème reste accessible à condition de courir régulièrement.

Pourquoi la KNVB a tué le jogging d’entraînement

Le vieux test d’endurance version continue avait un défaut logistique : il fallait du temps, un terrain dégagé, et il ne ressemblait à rien de ce qu’un arbitre fait réellement pendant un match. La fédération néerlandaise a donc puisé ailleurs. Le test s’appuie sur des éléments empruntés au test physique de la FIFA, au Yo-Yo test, à l’Interval Shuttle Run Test ou à l’Intermittent Fitness Test. L’idée derrière tout ça : coller aux efforts réels d’un arbitre sur 90 minutes, faits d’accélérations courtes et de récupérations, plutôt qu’à un footing linéaire qui ne reproduit rien du tout sur le terrain.

La fédération a fixé un cahier des charges précis pour ce nouvel outil. Les critères retenus étaient la facilité d’organisation, le lien avec ce que les arbitres font réellement en match, la possibilité de s’entraîner facilement pour le test, une accessibilité à tous les niveaux physiques, tout en conservant une capacité à distinguer les arbitres en forme de ceux qui le sont particulièrement. Un point de vigilance mérite d’être signalé : ce test n’est pas anodin dans la carrière d’un officiel. Dans certains clubs, la fédération considère cette épreuve comme suffisamment importante pour qu’elle compte pour 20% dans l’évaluation générale de l’arbitre.

Un test qui s’arrête vite, mais qui ne pardonne pas

La mécanique de l’arrêt du test mérite un mot, tant elle diffère du jogging classique où l’on s’arrête simplement quand on est épuisé. Le test s’arrête dès que l’arbitre arrive en retard sur deux allers-retours consécutifs de 40 mètres. Pas de round de rattrapage, pas de deuxième souffle validé après coup : deux fautes de rythme et c’est terminé. Un signal sonore accompagne chaque phase pour aider les participants à se situer. Des fichiers audio aident les arbitres à s’entraîner, avec des coups de sifflet marquant le début et la fin des courses de 40 mètres, plus un bip à mi-parcours de la course et un bip à mi-parcours des 10 secondes de repos. De quoi transformer une simple séance d’entraînement du dimanche en répétition générale millimétrée.

Reste une nuance à garder en tête pour qui penserait que tous les licenciés néerlandais sont concernés par cette révolution du sprint. Le dispositif vise en priorité les arbitres amateurs affiliés aux clubs de la KNVB, pas l’ensemble des joueurs de terrain. Certains clubs locaux organisent d’ailleurs ces sessions de façon collective et conviviale plutôt que comme une simple formalité administrative, une soirée où les arbitres se retrouvent entre clubs voisins pour faire l’échauffement ensemble avant de passer le test. La participation, elle, reste facultative dans plusieurs districts, la participation étant entièrement volontaire selon les modalités locales, même si l’incitation à s’y présenter grandit d’année en année.

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