Le surgrip noircit. Il s’aplatit, se lisse, perd toute texture. On s’y habitue, on continue à jouer. Et puis un jour, par curiosité ou par lassitude, on déroule cette bande qu’on n’avait pas touchée depuis des mois. Ce qu’on trouve dessous n’est pas joli à voir : du grip d’origine détrempé, décoloré, avec parfois des traces blanchâtres qui n’ont rien à voir avec le polyuréthane d’origine.
C’est le résultat logique d’un phénomène qu’on sous-estime systématiquement. Lors des matchs et des entraînements, la transpiration des mains est inévitable. Le surgrip absorbe cette humidité, mais quand il est saturé, il ne l’évacue plus. Elle stagne, piégée entre les deux couches de revêtement, dans un espace chaud et sans ventilation. Les conditions idéales pour la dégradation des matériaux, et potentiellement pour le développement de moisissures. L’humidité peut détruire précocement votre grip ou surgrip, et pour l’éviter, il faut ranger la raquette dans un endroit sec. Mais encore faut-il que le surgrip lui-même ne soit pas devenu une éponge compressée.
À retenir
- L’humidité piégée sous un surgrip trop vieux détruit progressivement le grip d’origine
- Un grip dégradé altère votre stabilité et augmente le risque de tennis elbow
- Les signes visibles : texture lisse, couleur terne, perte d’élasticité — changez sans attendre
Ce que le surgrip cache vraiment
Le surgrip a une mission précise. C’est une bande supplémentaire qu’on enroule autour du manche, par-dessus le grip d’origine. Il absorbe l’humidité de la main, améliore l’adhérence, prolonge la durée de vie du grip et peut ajuster la taille du manche. Bref, une couche protectrice, pas une couche hermétique. Or c’est exactement ce qu’elle devient quand on la laisse en place trop longtemps.
Le grip d’origine, lui, joue un rôle bien distinct. C’est lui qui détermine l’essentiel du confort et de la sensation à la frappe. Son rôle est triple : il amortit les vibrations transmises à l’avant-bras, il absorbe la transpiration et prévient les ampoules sur les sessions longues. Quand ce grip d’origine est dégradé, imbibé d’humidité accumulée sur plusieurs mois, il ne remplit plus aucune de ces trois fonctions. On joue avec l’illusion d’un équipement correct parce que le surgrip extérieur tient encore à peu près la route. Les matériaux, qu’ils soient naturels ou synthétiques, n’aiment ni l’humidité ni la chaleur excessive. Un grip d’origine trop humide devient glissant et perd de son adhérence, ce qui nuit au confort.
La question du délai de remplacement n’est pas anodine. Les joueurs réguliers renouvellent leur surgrip environ toutes les deux semaines. Pour les pratiquants plus occasionnels, un à deux mois suffisent, mais il faut rester attentif aux signes d’usure, en particulier l’été quand la transpiration s’intensifie. Garder le même surgrip depuis le printemps, c’est en pratique dépasser la limite recommandée de trois à cinq fois. Un arc de Roland-Garros à Roland-Garros, c’est le scénario catastrophe.
Les conséquences concrètes sur le jeu et le corps
Un grip en mauvais état peut diminuer la stabilité et provoquer des douleurs, mais aussi nuire à la performance globale. Ce n’est pas une formule rhétorique : la mécanique est directe. Un grip usé ou mal choisi entraîne une prise approximative et, à terme, des tensions au poignet ou au coude, le fameux tennis elbow. Quand la raquette commence à tourner dans la main à l’impact, le bras compense involontairement. Contracture de l’avant-bras, sur-sollicitation des tendons épicondyliens : le schéma de blessure s’installe sans qu’on s’en rende compte.
Il y a aussi un effet moins visible mais tout aussi réel sur le grip d’origine lui-même. Un grip en mauvais état peut entraîner une usure prématurée du manche de la raquette, gêner les prises et causer des ampoules. négliger le surgrip finit par coûter plus cher que prévu : la raison principale pour laquelle le surgrip est indispensable reste la protection, il protège le grip d’origine, plus difficile à changer, et le manche lui-même. Quand on laisse l’humidité travailler dessous pendant des mois, c’est le manche qu’on abîme, pas seulement la bande de remplacement.
Les joueurs les plus concernés sont ceux qui transpirent beaucoup des mains, et ils sont plus nombreux qu’on ne le croit. Certains surgrips sont spécialement conçus pour maximiser l’absorption, ce qui est particulièrement utile pour les joueurs évoluant dans des climats chauds et humides ou qui transpirent abondamment. Mais même les meilleurs matériaux ont une capacité limite. Au-delà, saturation garantie.
Changer de surgrip sans y penser deux fois
Le bon réflexe est d’une simplicité désarmante. Il faut changer le surgrip dès qu’il est devenu très sale, qu’il n’absorbe plus la transpiration ou qu’il se détériore trop. Ces trois critères sont visibles à l’œil nu : texture lisse, couleur terne uniforme, ou perte d’élasticité quand on pince le matériau. Pas besoin de chronomètre.
Pour la pose, la technique compte autant que la fréquence. Il faut enrouler le grip fermement mais sans forcer, en superposant chaque tour et en tirant légèrement pour maintenir la tension. Une fixation rigoureuse à la fin garantit une adhérence optimale et un jeu stable. Un surgrip posé avec des bulles ou des plis sera inconfortable dès le premier échange, et absorbera mal la transpiration là où l’air est piégé.
La ventilation après le jeu est un détail qu’on oublie presque toujours. Après chaque séance, laissez sécher la raquette à l’air libre, manche pointé vers le haut, loin du soleil direct et des sources de chaleur. Les matériaux n’aiment ni l’humidité ni la chaleur excessive. Glisser directement la raquette dans un sac fermé après un match, c’est créer une chambre d’humidification. Une bonne housse doit être imperméable pour éviter que l’humidité ne pénètre, mais doit contenir suffisamment d’espace pour permettre à l’air de circuler, ce qui limite le développement des moisissures.
Certains constructeurs ont intégré cette réalité dans la conception même de leurs produits. Le surgrip est composé de petits trous sur la face extérieure qui offrent une meilleure absorption de la transpiration. Certains fabricants ajoutent des technologies antifongiques pour allonger la durée de vie du grip. Un détail technique qui fait une différence réelle, surtout pour les joueurs qui enchaînent les séances sans se poser de questions sur leur manche.
Un surgrip neuf coûte quelques euros, se pose en deux minutes et transforme instantanément la sensation en main. La raquette retrouve de l’accroche, le geste se stabilise, et sous le nouveau ruban, le grip d’origine respire enfin. Le climat joue également un rôle : dans des conditions chaudes et humides, les grips se dégradent plus rapidement. Ce printemps 2026, avec des températures déjà élevées dès avril, beaucoup de joueurs ont sans doute atteint le point de saturation plus tôt que d’habitude. Ce que révèle le dessous du surgrip dans ces conditions, c’est souvent plusieurs semaines de retard sur un entretien qui aurait pu ne rien coûter.
Sources : sportmag.info | racketclubfuengirola.com