Ce réflexe d’après-match que tous les footballeurs ont ruine leurs crampons en silence

La douche. Après un match, le réflexe est universel : on entre dans le vestiaire, on tape les crampons l’un contre l’autre pour faire tomber la boue, parfois on les passe direct sous le jet d’eau, puis on les balance dans le sac. Vingt secondes. Affaire réglée. Le problème, c’est que ce protocole express, répété semaine après semaine, détruit une paire de crampons bien plus efficacement qu’un terrain boueux ou cent kilomètres de course à la saison.

À retenir

  • Le geste du mur qui semble inoffensif fragilise l’empeigne et réduit la durée de vie
  • La douche post-match détruit les matériaux et crée les conditions idéales pour les moisissures
  • Le stockage en sac fermé et humide accélère l’usure et génère des mauvaises odeurs

Le coup du mur : le geste qui tue l’empeigne

Taper ses crampons contre un mur pour les décrotter est une mauvaise habitude répandue qui favorise leur fragilité et réduit également leur efficacité. Pourtant, c’est le réflexe numéro un dans tous les vestiaires de France, du district à la Régionale. On croit faire vite, on fait mal. Commencer par décrotter ses crampons est une bonne chose, mais les taper entre eux ou contre un mur retire certes la terre, mais fragilise aussi les fibres de l’empeigne et la semelle.

La boue sèche se retire bien mieux avec une brosse souple une fois la chaussure revenue à l’air libre. Une brosse souple ou une spatule permettent d’éliminer la boue séchée sans agresser les matériaux. Le temps de trajet entre le stade et la maison suffit souvent à laisser la terre durcir juste assez pour qu’elle s’effrite proprement. Un investissement zéro euro, un résultat nettement supérieur.

La douche : fausse bonne idée, vrai désastre silencieux

Laver ses chaussures de football sous la douche après un match est à éviter, au-delà du risque de boucher les canalisations avec la boue, c’est tout sauf bon pour le produit. À force de les immerger complètement sous l’eau, on risque de détériorer tous les matériaux qui permettent de maintenir la chaussure en forme, et donc de compromettre le bon maintien du pied.

Le cuir, en particulier, paie le prix fort. Le cuir peut absorber une quantité d’eau importante et devenir très souple en très peu de temps. Mais lorsque l’eau va s’évaporer, on retrouve un cuir sec, rigide et plus petit, la sensation agréable du cuir n’existe plus. Pour le synthétique, c’est différent mais pas sans conséquences : si l’eau reste dans la chaussure, cela favorise la prolifération de bactéries et de mauvaises odeurs. l’hygiène qu’on croit garantir en passant les crampons sous le jet, on l’annule aussitôt si on range les chaussures encore humides.

Si on range des chaussures à crampons humides dans un sac de football, les bactéries vont se développer et elles dégageront une mauvaise odeur. Exactement ce qu’on voulait éviter.

Le sac fermé, l’ennemi numéro un de la longévité

Le match est fini, les crampons encore chauds et humides atterrissent dans le sac, qui reste fermé jusqu’au prochain entraînement. Deux, trois jours parfois. Laisser ses chaussures dans un sac de sport humide peut entraîner la formation de moisissures et de mauvaises odeurs. Les laisser dans le coffre de la voiture est tout aussi problématique, la chaleur et l’humidité accélérant l’usure.

La solution coûte littéralement rien : du papier journal. Glisser du papier journal ou un embauchoir dans la chaussure après le nettoyage absorbe l’humidité et conserve la forme. Et pour le stockage, ne pas laisser ses chaussures dans un sac fermé et humide, les ranger dans un endroit frais, sec et ventilé est la règle de base, avec, pour les transports réguliers, une housse respirante.

Sur les terrains en gazon synthétique, un autre détail passe souvent inaperçu. Avant chaque rencontre, retirer la semelle intérieure pour enlever les particules de pelouse synthétique ou les fameuses billes noires est utile, tous ces éléments peuvent frotter et attaquer la matière depuis l’intérieur. Ces petites billes noires coincées dans les recoins de la semelle, personne ne les enlève vraiment. Elles font pourtant des dégâts discrets mais constants.

L’entretien selon la matière : ce que beaucoup ignorent

Tous les crampons ne se nettoient pas de la même façon, et c’est là que la plupart des joueurs perdent la bataille. Pour le synthétique, la méthode reste simple : un chiffon humide avec du savon suffit, idéalement du savon de Marseille, qui convient parfaitement à toutes les matières. Pour le cuir, il faut aller plus loin. Un chiffon humide suivi d’une crème nourrissante spéciale cuir sportif est recommandé, en évitant l’excès d’eau qui assouplit trop le cuir et peut le rétrécir en séchant.

Pour les chaussures en maille, de plus en plus répandues dans les collections actuelles, une brosse dure est à proscrire sous peine d’effilochage : un chiffon microfibre ou une brosse à dents souple font le travail sans abîmer les fibres. Les lacets, eux, sont les grands oubliés de l’entretien. Il faut penser à bien les desserrer après chaque match pour qu’ils soient détendus, pas en tension, dans le cas contraire, ils fatiguent et ont tendance à casser plus rapidement.

Quant au séchage, le sèche-cheveux après le match est une tentation fréquente, surtout quand on joue le lendemain. Mauvaise idée. Il est préférable d’éviter de sécher ses chaussures de football au soleil, avec un sèche-cheveux ou au sèche-linge, une chaleur excessive risque d’abîmer les chaussures. Ne jamais sécher ses crampons en cuir au soleil ou sur un radiateur est une règle qui vaut pour presque toutes les matières. Le cuir crispe, les synthétiques perdent leur souplesse, les colles se décollent.

Un chiffre à garder en tête : avec un entretien sérieux, une paire de crampons tient en moyenne une saison complète, parfois plus selon l’usage et la régularité du soin apporté. À l’heure où certains modèles haut de gamme dépassent les 300 euros, ce rituel de cinq minutes après chaque match n’a plus grand-chose d’optionnel.

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