Nager le crawl sans être essoufflé : les réglages de respiration pour enchaîner les longueurs

Chez la plupart des nageurs qui s’essoufflent en crawl, le problème n’est pas le cardio mais l’expiration. L’air est retenu sous l’eau, le CO2 s’accumule, et la bouche, une fois dehors, n’a qu’une fraction de seconde pour tout évacuer puis réinspirer. Le premier réglage tient donc en une consigne : souffler en continu dès que le visage est immergé.

Retenir son souffle est le piège classique.

À retenir
  • Expirer en continu dès l’immersion du visage, pas retenir son souffle, pour évacuer le CO2 et réduire l’essoufflement.
  • Tourner la tête sur le côté sans la relever, en gardant une oreille dans l’eau, pour maintenir les hanches hautes et l’hydrodynamisme.
  • Respirer tous les deux, trois ou quatre mouvements de bras selon votre niveau, en commençant par le rythme à deux temps pour l’endurance.
  • Pratiquer le drill du battement sur le côté pour isoler la respiration, puis enchaîner des séries de 50 à 200 mètres avec récupération.

Vider les poumons avant de les remplir

Ce qui déclenche l’envie de respirer, c’est surtout la montée du CO2 dans le sang, pas le manque d’oxygène. Garder l’air sous l’eau entretient donc la sensation d’étouffer, même avec des poumons pleins. Quand le visage sort enfin, il faut expirer l’air vicié et inspirer en un seul geste, d’où ces bouffées haletantes qui épuisent au bout de deux longueurs. Un filet de bulles régulier, par le nez et la bouche, règle le problème dès le plongeon du visage et jusqu’à la rotation suivante.

Un exercice au mur suffit pour le sentir : mains accrochées au bord, visage dans l’eau, on expire pendant trois secondes, puis on tourne la tête de côté pour inspirer. On répète dix fois, une oreille toujours dans l’eau.

Tourner la tête, jamais la relever

La tête suit le roulis des épaules : un œil et une oreille restent dans l’eau, le regard plongé vers le fond, légèrement devant soi. En avançant, le crâne pousse une vague d’étrave qui creuse un petit creux d’eau le long de la joue, et c’est là que la bouche trouve de l’air sans monter. Il faut donc inspirer tôt, dès que le visage affleure, sans attendre que la rotation soit complète.

Lever le menton fait couler les hanches.

Quand les hanches descendent, les jambes traînent et deviennent un frein. Le nageur compense en battant plus fort des pieds, ce qui consomme de l’énergie et fait grimper le rythme cardiaque. Regarder devant soi, par réflexe de ne pas perdre le mur de vue, est la cause la plus courante de cette mauvaise posture. Un regard braqué sur la ligne au fond du bassin corrige souvent le défaut à lui seul.

L’inspiration se fait pendant que le bras du côté de la respiration finit sa poussée, avant qu’il ne revienne vers l’avant. Le bras opposé reste tendu devant, ce qui stabilise le corps pendant la rotation.

Tous les 2, 3 ou 4 temps : choisir son rythme

Respirer tous les deux mouvements de bras, toujours du même côté, est le schéma le plus simple et le plus répandu chez les débutants. Tous les trois mouvements, on alterne les côtés à chaque respiration, ce qui équilibre la nage et évite de solliciter toujours le même côté du cou. Tous les quatre, on allonge les apnées, ce qui suppose une expiration déjà bien maîtrisée. Les nageurs alternent souvent entre ces rythmes selon la longueur de la série.

Les spécialistes du 50 mètres limitent au maximum leurs respirations, car chaque rotation de tête coûte de la vitesse. Sur un travail d’endurance, la logique s’inverse, et c’est la régularité de l’apport d’air qui compte.

Pour enchaîner les longueurs, mieux vaut commencer par le rythme à deux temps.

Des séries pour enchaîner sans s’arrêter

Le drill du battement sur le côté isole la respiration du reste du geste. On nage six battements de jambes sur le flanc, un bras tendu devant, l’oreille posée sur l’épaule, visage dans l’eau. On expire, on tourne la tête pour inspirer, puis on lance un coup de bras pour passer de l’autre côté. Une paire de palmes courtes aide à garder les jambes hautes pendant l’exercice.

Ensuite, on empile : quatre fois 50 mètres avec 15 à 20 secondes de récupération, en respirant tous les trois temps, puis on raccourcit la pause d’une série à l’autre. Quand les 50 mètres passent sans reprise, on étire à 100, puis à 200.

En eau libre, la respiration bilatérale prend un autre intérêt : elle permet de repérer le parcours des deux côtés et d’éviter de respirer face aux vagues. En piscine, elle sert surtout à ne pas déséquilibrer l’épaule. Si le tournis arrive après quelques longueurs à trois temps, on revient à deux temps jusqu’à ce que le souffle suive.

Laisser un commentaire